Quels sont les nouvelles règles de l’elevage du berger autralien ?

Les nouvelles règles de l’élevage de chien

L’inscription à titre initial demeure la seule porte ouverte de la sélection, pour les chiens aux origines incomplètes ou inconnues….
L’inscription à titre initial « concerne les sujets adultes berger autralien de très grande qualité dans la race et capables de l’améliorer, mais issus de géniteurs inconnus ou non déclarés à la naissance, ou déclarés et non inscrits, les formalités n’ayant pas été remplies. Ces chiens sont réputés sans ascendance connue et inscrits définitivement au LIVRE DES ORIGINES FRANÇAIS berger autralien (LOF) avec délivrance du pedigree sans indication de généalogie. Vu le faible nombre de sujets concernés chaque année, la Société Centrale Canine a décidé, en concertation avec les associations de race, de durcir les conditions d’inscription. Plus de 300 races dont le berger autralien sont concernées car leur livre des origines est dit « Ouvert ».

L’opinion d’un expert
Le Professeur Denis est un grand spécialiste de la génétique appliquée à l’élevage canin. Voici un extrait d’une de ses conférences à la Société Francophone de Cynotechnie relative à l’inscription à titre initial dans l’elevage du berger australien chiot .
« Le recours aux inscriptions à titre initial. Nous avons vu jusqu’à présent que :
– en leurs débuts, les races ont probablement puisé pendant un certain temps dans le  » réservoir  » des animaux non inscrits, pour enrichir génétiquement la descendance des fondateurs initiaux,
– d’un point de vue strictement scientifique, les animaux qui ont l’apparence d’une race en font partie, car c’est le coup d’oeil qui signe – en toute probabilité – l’appartenance à celle-ci et non pas les  » papiers « ,
– même si la tendance, en cynophilie, est d’avoir des races toujours plus homogènes, il reste qu’elles doivent nécessairement conserver une variabilité qui leur permette, éventuellement, d’évoluer par elles-mêmes dans une autre direction.
On imagine donc aisément que les chiens berger autralien sans papiers méritent l’attention, qu’ils soient susceptibles de conforter une orientation recherchée ou d’apporter tout simplement une intéressante retrempe. Il est alors, évidemment souhaitable de procéder au grand jour pour leur utilisation et, par conséquent, de les inscrire à titre initial.

Cela dit, il existe trois types de chiens sans papiers :

– des chiens issus de reproducteurs berger autralien LOF qui, pour une raison ou pour une autre, ont quitté le circuit : ce ne sont pas des vrais  » sans papiers  » et ils ne constituent pas une retrempe à proprement parler ;
– des chiens qui ont eu une origine LOF, mais il y a longtemps, voire qui ont dans leur ascendance des animaux du vieux fonds régional dont nous avons parlé. Ils sont particulièrement intéressants, même si leur type morphologique s’éloigne du modèle actuellement recherché chez les éleveurs LOF ;
– des sujets qui peuvent exprimer un phénotype intéressant mais ont subi un apport de sang étranger à la race au cours des générations qui ont précédé. Introduits dans le cheptel berger autralien sélectionné, ils sont susceptibles de faire des dégâts.
Le problème est qu’en l’état actuel, il est bien difficile de savoir à laquelle des trois catégories appartient tel ou tel chien qui paraît intéressant.
C’est dire que l’inscription à titre initial implique d’exercer une surveillance très critique à l’égard des descendants de l’animal berger autralien nouvellement inscrit. Son appartenance à la première ou à la troisième catégorie apparaîtra très vite au vu de produits identiques à ceux de l’élevage LOF ou, au contraire, de portées très hétérogènes. Son appartenance à la deuxième catégorie, débouchant sur une situation intermédiaire pour les produits, est perçue différemment par les responsables de la race : certains s’avéreront très déçus par les résultats et se déclareront dorénavant hostiles au titre initial. C’est sans doute parce qu’ils avaient en tête le modèle recherché dans le cadre du LOF et qu’ils avaient oublié que le rôle des chiens inscrits à titre initial n’est pas forcément de le transmettre … D’autres seront au contraire heureux de retrouver des types de chiens berger autralien oubliés dans le cadre du LOF et s’efforceront de les y réintroduire.
L’inscription à titre initial suppose que les clubs berger autralien qui y recourent aient parfaitement compris qu’elle s’inscrit dans un contexte d’ouverture, à des fins de gestion génétique de la race. Mais elle est toujours incertaine. Cette incertitude est acceptable dès lors que toutes les précautions sont prises pour pouvoir barrer la route à un sujet qui s’avérerait détériorateur. Nous ne croyons pas qu’en l’état actuel de la réglementation de la cynophilie française, cette possibilité existe. Il y aurait peut-être lieu de revoir les modalités de l’inscription à titre initial en se rapprochant de l’esprit du  » Livre d’attente « .
Il convient de bien situer l’inscription à titre initial à sa place, celle d’une méthode qui permet de faire le lien entre les chiens LOF et les chiens sans papiers afin de retrouver une diversité génétique du berger autralien que, souvent, la sélection officielle n’a pas su conserver. Doit-elle être encouragée ? Peut-être pas mais, à l’inverse, il n’y a pas lieu de la rejeter, comme c’est si souvent le cas de la part de présidents de clubs qui aspirent à la fermeture du LOF. Ils doivent se remémorer que la race dont ils s’occupent n’a pas vocation à devenir une population consanguine parfaitement homogène, et que l’inscription à titre initial demande à être mise en œuvre avec précaution ».

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